LA GESTION DU STRESS SOUS L'ECLAIRAGE
DES NEUROSCIENCES
Le cortex préfrontal permet une gestion de l'information par un "mode adaptatif". Il permet d'aborder des changements sans s'angoisser. et en élaborant de nouvelles stratégies, cela évite "le mode automatique" qui, -et contrairement à ce que l'on pourrait croire-, expose au stress.
Les 6 facultés cognitives qui aident à lutter contre le stress (extrait de "Cerveau et Psycho" n° 18 de novembre/décembre 2006)
1) la rationalité
Pensez à une situation qui vous stresse. Analysez ce que vous avez à faire et les moyens au service de ces exigences. Par exemple, votre patron vous a demandé de terminer un projet avant deux semaines.
Commencez par faire le bilan de ce qu'il vous faut faire pour respecter l'échéance : vous pensez avoir collecté assez d'informations, mais il vous faut rédiger votre rapport, lequel devra être traduit en 2 langues étrangères. Ensuite, dressez la liste des moyens à votre disposition : certains des interlocuteurs qu'il vous faut contacter sont en vacances, et vous n'avez qu'une traductrice à votre disposition. Demandez-vous alors si les exigences sont proportionnées aux moyens. Que se passe-t-il au cours de cet exercice ?
Tant que vous restez focalisé sur les exigences, vous mobilisez votre mode mental automatique : ces exigences sont standards auxquels vous vous êtes peu à peu conformé. Mais votre cortex préfrontal perçoit que ces exigences sont disproportionnées par rapport aux moyens disponibles, et cette détection active automatiquement les circuits hormonaux du stress. En revanche, dès que vous confrontez les exigences aux moyens, votre cortex préfrontal est activé, élabore d'autres stratégies, et inhibe la réaction de stress.
2) la relativité des points de vue; pour comprendre que tous les problèmes sont relatifs
Pensez à une situation qui vous stresse.Et demandez-vous "pourquoi est-ce que cela me stresse ?" Dès que vous avez trouvé un fragment de réponse (par exemple, cela me stresse de penser à ma ligne parce que je me trouve gros),posez-vous à nouveau la question "pourquoi ?" (pourquoi suis-je angoissé à l'idée d'être gros ?) et ainsi de suite.
Les débuts de réponse doivent toujours être suivis de nouvelles questions,car le mode interrogatif empêche de rester figé sur une conception acquise. En changeant de point de vue, on active le cortex préfrontal.
3) la curiosité
Dans cet exercice, vous discuterez de la pluie et du beau temps avec un collègue, tout en vous efforçant de détecter chez lui quelque chose de "nouveau"... Peut-être aurez-vous l'impression qu'il ne s'est rien passé de particulier : peu importe, vous vous êtes tourné vers la nouveauté, ce qui inhibe le mode mental automatique, facteur de stress.
4) la souplesse d'esprit
Dressez une liste de 10 exemples de ce qui compte le plus pour vous dans la vie, puis faites de même pour les choses qui vous font le plus peur. Comparez les 2 listes.Peut-être constaterez-vous que certains éléments sont opposés : si la famille compte beaucoup pour vous, la perte d'un proche est logiquement redoutée. Mais pour quelques exceptions, ce n'est pas le cas. Par exemple, il se peut que "manquer d'argent" soit dans la seconde liste, mais que "avoir de l'argent" ne soit pas dans la première. Pourquoi? Réfléchissez-y. ces petits paradoxes vous forceront à plus de souplesse d'esprit.
5) la nuance pour affiner la perception des choses.
Ecouter avec attention tous les bruits ambiants; fermez les yeux pour discerner la rumeur de la rue, un bruit de fond, des pas dans le couloir... Essayez de percevoir ces bruits simultanément, comme si vous étiez un chef d'orchestre... Lorsque vous captez un son, ne le lâchez pas; maintenez votre attention dessus et à votre rythme, faites la même chose avec les autres bruits. Cet exercice favorise la perception globale de l'environnement, et stimule le cortex préfrontal, zone d'intégration des données environnantes.
6) le développement de l'opinion personnelle.
Imaginez que vous devez choisir entre inscrire -ou non- votre enfant dans un établissement scolaire, mais vous ne savez rien des programmes, ni des professeurs, etc. Peut-être hésiterez-vous et déclarerez finalement "je ne peux pas prendre une décision". L'expérimentateur vous expliquerait que dans pareille situation, ne pas se prononcer constitue aussi un choix tacite qui engage. Peu à peu, vous apprendrez que prendre une décision, exprimer une opinion personnelle même quand on a conscience de ne pas maîtriser tous les éléments d'une situation, a un effet positif sur le stress. Notre liberté d'action permet d'être moins obnubilé par le souci de tout maîtriser, attitude souvent paralysante. |