LES DIFFERENTES ECOLES DE MASSAGE
Comment s'y retrouver ?
1) Les écoles de massages traditionnels
Elles s'inspirent des usages traditionnels qui remontent pour la plupart à l'Antiquité. Elles reprennent les codes, les valeurs, les discours culturels et les croyances qui structurent ces pratiques de massage, selon la vision que l'on avait de la santé à une certaine époque... Ainsi les écoles de massage japonais avec le shiatsu font référence aux méridiens japonais (dans leur adaptation de la médecine chinoise, les japonais ont identifié 660 points d'énergie au lieu des 360 dans la version chinoise). Les écoles de massage chinois comme le Amma, ou le Thuina font elles référence aux méridiens chinois et à l'acupuncture. Les écoles de massage Thaï font elles référence aux méridiens thaïlandais (les shens) et les écoles de massage ayurvédique font référence aux nadis (méridiens indiens) et aux chakras, centres d'énergie dans la culture indienne... (lien pour voir les planches)
Si les méridiens sont différents les uns des autres du fait de leurs cultures respectives (voir planches), le concept d'énergie vitale est commun à toutes ces approches traditionnelles de massage, simplement parce qu'elles sont elles-mêmes issues des pratiques culturelles de santé de leur temps.
Sous l'antiquité, les mécanismes et les fonctions internes du corps humain étaient inconnues. Ce n'est qu'à partir de la Renaissance en Occident, notamment avec Vésale que l'on commencera à comprendre l'anatomie. Jusque-là, on pensait que l'intérieur du corps était d'une nature différente de l'extérieur ; que la vie résultait d'un souffle ou d'une force vitale, cosmique pour les uns ou divin pour les autres... Chaque civilisation a fait ses prières et créé ses rites pour soigner, ses intercesseurs (prêtre, chaman, sorcier, druide...) pour tenter de donner du sens à ses maux. Tant que l'on pensait que les maladies étaient d'origine surnaturelle (envoyées par les dieux pour uns, notion de karma pour les autres), trop yin ou trop yang selon l'équilibre du Tao, l'être humain restait culturellement soumis à ses maux (dépourvu de réels outils), subissant tant bien que mal les maladies qu'il rencontrait.
Ces approches de santé et les massages qui en découlent, ont donc aussi en commun le fait d'être structurés par une pensée magique (qui s'appuie sur le symbolisme et l'analogie) plutôt que par une pensée scientifique, qui n'émergera que timidement à partir d'Hippocrate puis de Galien et avec Vésale pour l'enseignement de l'anatomie en occident.
Aujourd'hui l'habillage idéologique, spécifique à chaque tradition, s'est pérennisé avec leurs techniques en Occident. Il constitue l'essentiel de l'apport théorique de la plupart des formations en massages traditionnels... Or, l'apprentissage du corps humain passe par notre subjectivité. L'idée ou la représentation (la perception) que l'on se fait du réel et du corps humain, s'en trouve faussée. Ainsi la chaleur que dégage naturellement l'activité du corps humain (énergie calorifique) qui émane de nos mains, va être traduite en terme de magnétisme pour les uns, "d'énergie subtile" ou de "fluide" pour les autres. Cette énergie est dopée au mystère grâce au concept fourre-tout d'énergie vitale que véhicule leurs adeptes traditionalistes ; "points d'énergie", "méridiens", "fluides", "aura", "corps éthérique", "doshas", "chakras" qu'il faut s'entraîner à sentir pour tenter de dompter cette mystérieuse énergie dont dépendrait notre santé...
Ces concepts de santé induisent les gens en erreur car la plupart pensent qu'ils ont une réalité physiologique alors qu'ils ne sont que des symboles liés à une vision traditionnelle qui pour l'heure est obsolète. Le symbole n'est pas le réel, mais seulement une façon de donner du sens à ce que l'on en perçoit.
2) les écoles de massage "New-Age"
Elles reprennent les usages traditionnels de santé (méridiens, chakras ou énergie vitale) en les associant à d'autres concepts plus occidentaux : magnétisme, "bio-énergétie", "polarité"; avec un peu de psychanalyse ou de psychologie Jungienne et quelques postulats "d'éveil de la conscience" ou "d'éveil spirituel".
Les praticiens formés à ces écoles ne se reconnaissent pas comme simple relaxologue, mais font de la psychothérapie, de la "médiation corporelle" ou de la "somatothérapie" à travers leur massage. Ils surfent en toute bonne foi sur le ressenti des adeptes, manipulant la perception et la subjectivité de leurs clients/patients, avec leurs préceptes énergético-mystiques alors qu'ils n'ont aucune réelle formation en psychologie (DESS).
3) L'école toulousaine de massorelaxation, un lieu dédié aux Tactophiles
La massorelaxation n'a pas de visée thérapeutique ni psychothérapique; elle associe l'art du geste au sens du Toucher pour ses simples bienfaits apaisants et relaxants. Chaque chorégraphie de massorelaxation est comme un nouveau bain de sensations; réservée aux Tactophiles.
CONTRE
les amalgames du massage avec la pensée magique, les croyances obscurantistes, l'ésotérisme, les pseudo-thérapies énergétiques, l'irrationnel, les approches New Age et leurs risques de dérives sectaires.
POUR
une approche psychocoporelle moderne, respectueuse des sciences humaines actuelles, la recherche esthétique du geste et l'art du mouvement, le plaisir du toucher et de la sensation tactile, la connaissance du corps humain, une bonne intelligibilité de la nature humaine pour des choix de santé objectifs et rationnels.
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